Québec

Évaluation des cl virtuelles : un outil d’optimisation du pâturage en rotationôtures

Agronomes responsables de la coordination : Mélanie Perreault Gagnon
Organisation : Agrinova
Pratiques : Pâturage en rotation
Début de l’essai : Printemps 2026

Obstacle : Le pâturage en rotation peut améliorer la productivité des pâturages et l’utilisation des terres. Toutefois, le temps, la main-d’œuvre, les coûts et les infrastructures nécessaires à la mise en place, au déplacement et à l’entretien des systèmes de clôture physiques peuvent limiter son adoption ou son expansion. Les systèmes de clôtures virtuelles pourraient permettre de relever certains de ces défis, tout en permettant une rotation des pâturages plus flexible et plus réactive, capable de s’adapter à la croissance des plantes fourragères et aux conditions changeantes. Cependant, les productrices et les producteurs manquent de données régionales issues d’essais en conditions réelles pour déterminer si cette technologie permet de contrôler efficacement les déplacements du bétail, de préserver la qualité des pâturages et les performances des animaux, de réduire le temps consacré à la gestion et d’offrir une solution de rechange financièrement viable aux clôtures physiques. 

Description : Un essai en champ mené dans un élevage bovin du Centre-du-Québec permettra de comparer les trois stratégies suivantes : (1) gestion du troupeau à l’aide de clôtures physiques, avec une rotation d’environ cinq jours par parcelle; (2) gestion du troupeau à l’aide des colliers GPS, permettant une gestion adaptative et des déplacements plus fréquents; et (3) un scénario théorique estimant la main-d’œuvre nécessaire pour obtenir la même gestion adaptative en déplaçant des clôtures physiques. Les mesures et observations porteront notamment sur la biomasse, la qualité et l’utilisation du fourrage, le comportement et l’adaptation des animaux, le temps consacré à la gestion, les aspects techniques ainsi que l’analyse économique réalisée. Les résultats serviront à évaluer la rentabilité et la faisabilité des systèmes de clôtures virtuelles, ainsi que leurs impacts agronomiques. 

Gérer son azote de façon éclairée dans le blé de printemps, au Bas-Saint-Laurent

Agronomes responsables de la coordination : Audrey-Anne Pelletier
Organisation : JMP Consultants
Pratiques : Gestion de l’azote
Début de l’essai : Printemps 2026

Obstacle : Les productrices et les producteurs du Bas-Saint-Laurent cultivent souvent le blé de printemps sur des sols des groupes texturaux G2 et G3 dont la teneur en matière organique dépasse 4 %. Cependant, les nouvelles recommandations de fertilisation du MAPAQ ne tiennent compte de la matière organique que pour les sols de la classe texturale G1. Par conséquent, ces recommandations risquent de surestimer les besoins en azote dans la région. En raison des marges de profit serrées, les producteur·trice·s se montrent réticents à réduire les doses sans avoir accès à des données régionales spécifiques au blé de printemps démontrant que le rendement peut être maintenu. Par ailleurs, une diminution des apports d’azote en post-levée pourrait permettre de réduire les coûts d’engrais et d’améliorer la rentabilité. 

Description : Des essais en champ menés sur deux entreprises agricoles permettront de comparer quatre traitements de fertilisation azotée dans le blé de printemps. Le traitement témoin recevra jusqu’à 60 kg N/ha (54 lb N/acre) au semis, sans apport supplémentaire d’azote. Les autres traitements recevront la même dose au semis, suivie d’une application en post-levée (stade Zadok 26) de 30, 45 ou 60 kg N/ha (27, 40 ou 54 lb N/acre). Les teneurs en nitrates du sol et des tissus végétaux, la population, la pression des ravageurs et des mauvaises herbes, le rendement en grains, la teneur en protéines et le poids spécifique seront évalués. Une analyse économique permettra de comparer les différents traitements afin de déterminer s’il est possible de réduire les apports d’azote en post-levée sur les sols des groupes texturaux G2 et G3 présentant une teneur élevée en matière organique sans nuire à la rentabilité.

Optimisation de l'application de l'azote dans la culture de maïs tout en augmentant l'efficacité des opérations et la réduction de l'empreinte environnementale

Agronomes responsables de la coordination : Marie-Laurence Côté
Organisation : Groupe Envir-Eau-Sol Inc.
Pratiques : Gestion de l’azote
Début de l’essai : Printemps 2026

Obstacle : Une application d’azote (N) après la levée du maïs permet souvent de mieux faire correspondre la disponibilité de l’azote avec la période de forte demande de la culture. Toutefois, un épandage à ce stade peut entrer en conflit avec d’autres travaux agricoles plus urgents, comme la première coupe de foin sur les fermes laitières. L’application de la totalité de l’N avant la levée pourrait améliorer l’efficacité opérationnelle de ces entreprises, surtout si elle est combinée à un travail du sol en bandes et au semis. De plus, l’utilisation d’urée enrobée de polymère pourrait contribuer à prolonger la disponibilité de l’azote. Les productrices et les producteurs n’ont pas accès à suffisamment de données régionales pour déterminer si cette approche permet de maintenir les rendements, et si elle représente une solution de rechange viable sur les plans agronomique, économique et environnemental.

Description : Un essai en bandes mené dans deux champs sur une ferme laitière et de grandes cultures au Québec permettra de comparer deux stratégies de fertilisation azotée dans le maïs apportant des doses totales d’azote similaires. Dans le traitement témoin, un engrais de démarrage sera épandu en bandes lors du semis, suivi d’un mélange d’urée et de sulfate d’ammonium appliqué en post-levée, autour du stade V6. Dans les bandes d’essais, un engrais de démarrage et un mélange 50:50 d’urée enrobée de polymère et d’urée conventionnelle seront épandus en un seul passage combinant le travail du sol en bandes et le semis, sans apport d’azote en post-levée. La performance des cultures, la dynamique de l’azote, la main-d’œuvre, la consommation de carburant, le coût des traitements et les émissions potentielles de gaz à effet de serre seront évalués afin de comparer les impacts agronomiques, opérationnels, économiques et environnementaux de ces deux stratégies.

Fertilisation soufrée et sursemis pour maximiser la fixation symbiotique de l’azote dans les pâturages

Agronomes responsables de la coordination : Frédérique Lavallée
Organisation : Écoboeuf
Pratiques : Gestion de l’azote, pâturage en rotation
Début de l’essai : Printemps 2026

Obstacle : Les pâturages mixtes de légumineuses et de graminées sont la norme pour de nombreux producteurs de bœuf. Ces systèmes peuvent fournir de l’azote grâce à la fixation symbiotique. Cependant, les carences en soufre peuvent réduire la vigueur des légumineuses, ce qui entraîne une baisse de la productivité des pâturages et incite les producteurs à envisager l’utilisation d’engrais azotés de synthèse. Bien que ces engrais puissent augmenter le rendement fourrager, ils entraînent des coûts économiques et environnementaux et peuvent contribuer à réduire encore davantage la teneur en légumineuses dans les peuplements mixtes. Les producteurs ne disposent pas de données pertinentes à l’échelle régionale et commerciale démontrant que la fertilisation soufrée, combinée au sursemis de légumineuses, peut maintenir la productivité des pâturages et réduire la dépendance aux engrais azotés de synthèse.

Description :
Un essai en champ randomisé mené dans une ferme bovine commerciale de la région de la ceinture d’argile, au Québec, évaluera si la fertilisation soufrée peut améliorer l’établissement des légumineuses, la fixation symbiotique de l’azote et la productivité fourragère dans le cadre du pâturage en rotation. Les parcelles sursemées recevront un des traitements suivants : du sulfate de potassium, une source de soufre à libération rapide; du soufre élémentaire à libération lente, moins coûteux; aucun engrais soufré. L’établissement des légumineuses, la composition, le rendement et la qualité du fourrage, ainsi que les variables économiques des traitements seront évalués afin de déterminer si la correction des carences en soufre peut représenter une solution de rechange pratique et économiquement viable aux engrais azotés de synthèse dans les pâturages mixtes.

Mesure de l’impact de différentes proportions de légumineuses dans un mélange de cultures de couverture sur les crédits d’azote disponibles pour la culture de maïs suivante

Agronomes responsables de la coordination : Florence Pomerleau-Lacasse
Organisation : Agri Conseils Maska
Pratiques :  Cultures de couverture, gestion de l’azote
Début de l’essai : Automne 2025

Obstacle : Les cultures de couverture de légumineuses peuvent fournir de l’azote à la culture suivante et potentiellement réduire les besoins en engrais de synthèse. Toutefois, le coût des semences de légumineuses peut varier grandement selon les espèces. Il manque de données locales sur la proportion de légumineuses qui permet réellement d’optimiser la biomasse, l’apport en azote et le rendement économique.

Description : Cet essai prévoit la participation de quatre fermes. Deux mélanges de cultures de couverture (avoine, radis, pois fourrager ou féverole) seront semés côte à côte après une céréale, avec 50 % et moins de légumineuses, et avec 70 % et plus. La biomasse et la qualité des cultures de couverture seront mesurées. Dans la culture de maïs de l’année suivante, des bandes d’essais fertilisées seulement avec de l’engrais de démarrage seront comparées aux doses d’azote standards. L’évolution de la concentration de nitrates dans le sol, la concentration de nitrates dans les tiges de maïs, ainsi que le rendement du maïs seront mesurés. Ensuite, une analyse des données économiques permettra de déterminer la proportion de légumineuses qui offre la meilleure valeur agronomique et économique.

Recherche de la date de semis la plus tardive pour l’implantation à la dérobée des cultures de couverture après une culture de céréale de printemps, de soya et de maïs ensilage

Agronomes responsables de la coordination :  Isabelle Dubé, Emmanuelle Robertson
Organisation : Groupe PleineTerre inc.
Pratique :  Cultures de couverture
Début de l’essai : Automne 2025

Obstacle : Le manque de données régionales sur les dernières dates viables d’implantation des cultures de couverture rend difficile l’élaboration de recommandations fiables pour les agriculteur·trice·s. Dans les rotations classiques maïs–soya–céréales, la fenêtre d’implantation très courte après la récolte limite l’adoption de cette pratique et entretient une incertitude quant à ses retombées agronomiques et économiques.

Description : Cet essai vise à comparer des dates de semis standards et tardives à l’automne afin d’évaluer l’établissement des cultures de couverture. Les traitements sont les suivants : 

  • seigle d’automne (160 kg/ha) semé après une céréale de printemps le 15 septembre, le 1er octobre et le 15 octobre; 

  • avoine (50 kg/ha) et radis (4 kg/ha) semés par drone dans le soya aux stades R6 et R7; et

  • seigle d’automne (160 kg/ha) semé après le maïs ensilage le 15 octobre et le 25 octobre. 

Les performances des cultures de couverture, notamment la couverture du sol et la biomasse, seront évaluées à la fin de l’automne, et une analyse du budget partiel sera réalisée.

Évaluation des crédits d’azote provenant des cultures de couverture de légumineuses dans les régions froides afin d’orienter la gestion de la fertilisation azotée dans la culture de la pomme de terre

Agronome responsable de la coordination : Yolaine Filion
Organisation : Club d’encadrement technique pommes de terre
Pratiques :  Cultures de couverture, gestion de l’azote
Début de l’essai : Automne 2025

Obstacle : La pomme de terre est une culture exigeante en azote, et un apport insuffisant ou excessif peut nuire à la santé, au rendement, et à la qualité des plants. Dans les régions plus froides où les saisons de croissance sont plus courtes, peu de données existent sur la valeur réelle des crédits d’azote provenant des cultures de couverture de légumineuses. Par conséquent, les producteur·trice·s de pommes de terre hésitent à diminuer les doses d’engrais azotés de synthèse.

Description : Cet essai sera réalisé avec un dispositif en tiroir comprenant des répétitions. Il permettra de comparer une culture de couverture de légumineuse (pois fourrager) semée après la récolte de canola avec un témoin sans culture de couverture. Trois doses d’azote (N) seront appliquées en post-levée : la dose d’azote standard du producteur et deux doses réduites (15 kg N/ha et 30 kg N/ha en dessous de la dose standard). La biomasse de la culture de couverture, la concentration de nitrate dans le sol et les pétioles, et le rendement et la qualité des tubercules de pomme de terre serviront à quantifier les crédits d’azote. Ensuite, une analyse économique permettra d’évaluer la faisabilité d’ajuster les doses d’engrais de synthèse en conséquence.

Semis intercalaire de cultures de couverture dans le maïs-grain : essais comparatifs de méthodes d’implantation

Agronome responsable de la coordination : Camille Dumont
Organisation : Groupe ProConseil
Pratique :  Cultures de couverture
Début de l’essai : Automne 2025

Obstacle : Les producteur·trice·s hésitent à implanter des cultures de couverture dans le maïs en raison des coûts, du temps requis, de l’accès limité à des équipements spécialisés, de la courte fenêtre de croissance après récolte et des conditions humides favorisant la compaction. Le semis par drone dans le maïs offre une alternative rapide et potentiellement plus abordable, mais cette pratique demeure récente dans la région. Il est donc nécessaire de documenter les méthodes, le calendrier et les taux de semis afin d’identifier des approches efficaces et rentables, favorisant une implantation fiable et l’amélioration durable de la santé des sols.

Description : Cet essai prévoit la participation de quatre fermes. L’une des fermes comparera les traitements suivants 1) 10 kg/ha de ray-grass d’Italie semé à la volée dans le maïs en même temps que l’application d’azote en bandes; 2) 25 kg/ha de ray-grass d’Italie semé par drone avant la récolte du maïs; 3) et un témoin sans culture de couverture. Sur les autres fermes, un drone sera utilisé pour semer 15 kg/ha et 25 kg/ha de radis ou de canola d'automne avant la récolte du maïs. Ces traitements seront comparés à un témoin sans culture de couverture. Des données relatives au rendement du maïs, à la croissance des cultures de couverture et à la structure du sol seront collectées, et une comparaison économique sera effectuée.

Analyse économique de différentes stratégies de prolongation de la saison de paissance

Agronomes responsables de la coordination : Serge Pageau, Émilie Blondeau
Organisation :  Conseil québécois des plantes fourragères
Pratiques :  Cultures de couverture, pâturage en rotation
Début de l’essai : Automne 2025

Obstacle : Il existe peu de données économiques et agronomiques locales permettant d’aider les agriculteur·trice·s à établir une stratégie visant à prolonger efficacement la saison de paissance à l’automne, tout en réduisant les coûts de main-d’œuvre et d’alimentation. Comme il n’existe pas d’analyse comparative complète par rapport à l’alimentation conventionnelle en bâtiment à base de foin, les agriculteur·trice·s manquent d’information pour prendre des décisions éclairées en ce qui concerne l’adoption de pratiques de gestion bénéfiques, telles que le pâturage en rotation et les cultures de couverture.

Description : Cet essai compare trois stratégies de paissance à la fin de la saison de croissance à l’automne dans une exploitation bovine : mise en réserve de fourrages au champ (stockpiling), cultures de couverture et pâturage de balles de foin. Le rendement et la qualité des fourrages, la consommation de matière sèche des animaux et les besoins en main-d’œuvre seront notés. Les données économiques de ces systèmes de pâturages prolongés seront comparées aux coûts et à la main-d’œuvre associés à la pratique standard de l’industrie consistant à nourrir les animaux avec du fourrage stocké, en milieu confiné. Les résultats aideront les agriculteur·trice·s à évaluer si ces stratégies peuvent améliorer la rentabilité et réduire la main-d’œuvre, tout en offrant des avantages environnementaux.